Trouver un stage : du CV à la lettre de motivation. De la recherche de stage à l'entretien d'embauche

Entretien téléphonique

Les entretiens de recrutement par téléphone sont de plus en plus utilisés par les cabinets qui s’en servent comme d’un premier filtre. Voici les conseils pour répondre dans ce contexte spécial.

«Allô ? Bonjour. Je vous appelle à propos de votre candidature. On peut se parler ?» Des appels comme celui-là, Dominique Mas, responsable marketing et communication chez l’éditeur de logiciels Winsoft, en a reçu plus d’un lors de sa dernière recherche d’emploi. Lorsqu’on habite, comme elle, à Grenoble, et qu’on postule pour un job dans une entreprise à Paris, à Lille, voire à Londres, le téléphone, c’est pratique pour le candidat comme pour le recruteur.
«C’est le meilleur moyen de s’assurer que la personne a le profil requis et qu’on ne va pas lui demander de se déplacer pour rien», explique Jean-Jacques Meyer, directeur associé de l’activité recrutement chez Bernard Julhiet Group.

Mais l’éloignement géographique n’est pas la seule raison. C’est aussi un moyen de réduire les frais de recrutement. «Les clients qui disposent d’un budget serré se rabattent sur cette option, en particulier pour des postes de “lower” ou de “middle management”», poursuit le recruteur. A l’issue d’une sélection par téléphone, seuls les meilleurs candidats passent le grand oral en face-à-face. Bref, si vous avez envoyé des candidatures, ne soyez pas étonné si un jour un recruteur vous passe un coup de fil.

Un appel qui ne tombe pas toujours au bon moment

L’appel arrive généralement à l’improviste. Et pas toujours au meilleur moment, quand on est en pleine réunion par exemple, ou en train de faire une course entre midi et deux. «J’étais dans le métro lorsque mon portable a sonné, raconte Valérie, qui a obtenu ainsi un poste de consultante. J’ai préféré dire que j’étais occupée et proposer un rendez-vous téléphonique à un moment plus propice.»

Bon réflexe. Car il faut être parfaitement disponible si l’on veut pouvoir donner le meilleur de soi-même. L’enjeu est tout aussi important que pour un entretien classique. Par contre, le contexte n’est pas le même. Le contact est plus limité. «Quand on rencontre le recruteur dans son bureau, on peut instaurer un climat favorable en échangeant une bonne poignée de main ou un sourire», témoigne Nicolas Catard, un chef de projet web recruté par téléphone.

Là, c’est plus délicat. L’absence de contact visuel limite le retour d’information. « Lors d’un entretien classique, si on répond à côté de la question, on s’en aperçoit rapidement et on peut donc facilement rectifier le tir, poursuit l’informaticien. Même chose si l’on marque un point. Là, comme je ne voyais pas le recruteur, je ne savais pas comment il réagissait. »

Mieux vaut parler debout

Au téléphone, la manière de s’exprimer est essentielle, contrairement à un entretien en face-à-face, où il est possible d’appuyer ses propos par une expression, par un geste démonstratif, ou par la production de documents. Là, on ne dispose que d’une seule arme pour convaincre : la voix. Pas question, par conséquent, de bafouiller ou de marmonner. D’autant qu’au téléphone, la qualité des communications laisse parfois à désirer.
Pour accrocher votre interlocuteur, servez-vous des techniques de communication orale qui ont fait leurs preuves. D’abord, parlez debout. Vous respirerez mieux et votre débit de voix sera plus ample. Accompagnez vos propos d’une gestuelle appropriée, ils sonneront plus authentiques. Enfin, compensez la distance en mettant un sourire dans votre voix. Cette bonne vieille technique, assidûment pratiquée par les professionnels de la vente à distance, qui consiste à parler en souriant légèrement, vous rendra d’emblée plus sympathique à l’oreille de l’autre.
Autre point essentiel : la clarté du propos. « Au téléphone, le discours doit être encore plus clair et simple », insiste Jean-Jacques Meyer. Malheureusement, beaucoup de candidats semblent oublier que, dans ce contexte particulier, la concision et la clarté s’imposent. «Lorsque je demande à un candidat quand il a quitté son dernier employeur, confie le recruteur, il n’est pas rare qu’il m’explique pendant une dizaine de minutes les tenants et les aboutissants de son départ et oublie au passage de répondre à la question initiale.» Mieux vaut rester sobre, donner d’un mot la date et relancer par une question simple mais néanmoins ouverte : «Souhaitez-vous que je vous explique précisément ce qui s’est passé ?»

Consulter ses notes

Durant l’entretien, soyez prêt à toute éventualité. Ce n’est pas parce que l’échange a lieu au téléphone que le recruteur se privera de vous tester. Vous risquez donc d’être invité à prolonger l’échange, en anglais par exemple. «Je le fais systématiquement, deux ou trois minutes au moins durant l’entretien», confie Jean-Jacques Meyer.
Il peut aussi arriver qu’on vous invite à participer à un jeu de rôle – vendre un produit, régler un problème, etc. – pour évaluer votre réactivité.

De votre côté, il serait dommage de ne pas profiter des avantages qu’offre la distance. Car il y en a. Le premier, c’est que vous n’êtes pas dans un entretien traditionnel où vous devez faire attention à vos gestes et votre attitude, ce qui mobilise une bonne dose d’énergie. Le deuxième, c’est que vous pouvez consulter à loisir des documents sans que cela s’entende. Le recruteur n’en saura rien et vous n’en serez que plus clair. Mais ne lisez pas vos antisèches. «Un recruteur sentira tout de suite que vous manquez de spontanéité», met en garde Dominique Mas.
Enfin, profitez-en pour prendre des notes. Cela vous aidera à bâtir vos questions et à vous positionner au plus près des attentes du recruteur. «Au fil de l’entretien, je reprenais à mon compte les mots et les expressions importants, notés au fil de l’échange, pour coller au profil recherché», raconte Charlotte Thévenet, qui a ainsi décroché un poste de directrice de programme au sein du pôle de compétitivité Plastipolis, à Oyonnax (Ain)

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site